Suisse: Le Peuple se prononcera par réferendum sur la création monétaire par les banques

La population suisse sera la première au monde à voter pour un changement de leur système bancaire et monétaire.

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La population suisse sera la première au monde à voter pour un changement de leur système bancaire et monétaire, grâce aux efforts d’une campagne en faveur d’une monnaie pleine en Suisse.

L’ «Initiative monnaie pleine» a réussi à recueillir 100.000 signatures – le nombre requis pour déclencher un référendum national sur la question. L’initiative pour la monnaie pleine propose que seule la Banque Nationale puisse émettre de la monnaie, tel que prévu – en principe – par la constitution fédérale et par conséquent interdire la production autonome de monnaie électronique par les banques commerciales.

« Il avait été interdit aux banques, depuis plus de cent ans, d’imprimer de la monnaie en papier. La même chose est maintenant nécessaire pour la monnaie scripturale, car elle représente aujourd’hui 90% de la monnaie » selon les partisans de la réforme.

La campagne a été coordonnée par l’association « Moderniser la Monnaie » (MoMo) et lancée le 3 Juin 2014. Plus de 100 militants ont collecté des signatures dans les rues, pendant un an et demi.

« C’est impressionnant que nous ayons pu recueillir autant de signatures en faveur de la monnaie pleine en Suisse, nous en sommes très heureux ! Le succès de la campagne suisse est une étape importante pour le mouvement international poussant pour une réforme monétaire globale », a déclaré Raffael Wüthrich, membre de l’équipe de campagne.

Les signatures ont été officiellement remis au Parlement suisse le 1er Décembre. En vertu de la Constitution fédérale suisse, si une pétition rassemble au moins 100.000 signatures dans les 18 mois, un référendum est organisé sur la question quelques années plus tard.

La proposition de monnaie pleine est très similaire à celle de « Sovereign Money » par Positive Money au Royaume-Uni et de Monnaie Honnête. Elle vise à accorder à la banque centrale le pouvoir exclusif de créer la monnaie.

« En un mot, la proposition étend le droit exclusif de la Fédération suisse pour créer les pièces de monnaie et les billets, pour inclure également les dépôts. La création de l’argent reviendrait exclusivement à la Banque nationale suisse, les banques commerciales ne pourraient plus créer de l’argent grâce à des prêts. Le rôle principal de la Banque nationale suisse deviendrait alors la gestion de la masse monétaire par rapport à l’économie productive, alors que la décision concernant la façon dont cet argent créé sans nouvelle dettes serait dépensé dans l’économie dépendrait du gouvernement « , précise le site officiel de l’initiative.

En Suisse, les référendums sont généralement organisés 3 à 5 ans après une initiative populaire. Les propositions doivent d’abord être débattues par le gouvernement fédéral et le Parlement.

Le succès de la campagne suisse est une étape importante pour le mouvement international pour la réforme monétaire, qui a déjà attiré l’attention des médias internationaux. « Mais il reste encore beaucoup de travail à faire » prévient Raffael Wüthrich.

Vidéo montrant la remise des signatures (commentaires en allemand):

Le Gouverneur de la Banque de France sur France Inter – affligeant!

François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France vient de parler sur France Inter – entretien avec Léa Salamé. Vous pouvez le voir ici :


François Villeroy de Galhau répond aux… by franceinter

C’était affligeant. Par exemple:

Question : Est-ce qu’on est sur une bonne inflation avec 0,01%. Est-ce qu’on est en déflation ?

On est même à -0.2 pour février. Notre cible est d’avoir une inflation à moyen terme de 2%. Jeudi dernier nous avons décidé de mettre le paquet pour soutenir l‘activité et le financement de l’activité réelle.

Question : Il y a quand même de gros doutes sur la politique de la BCE : la planche à billets !

Cette politique marche car elle permet pour les entreprises de disposer de financements à taux extrêmement bas.

Malheureusement, Léa Salamé n’a pas demandé si les €112 milliards d’argent créée par la Banque de France depuis Mars 2015 (et avec l’autorisation de Draghi) auraient pu avoir un meilleur effet si on donner tout simplement €180 par mois à chaque homme, femme et enfant en France en revenu de base. Et comme Draghi a annoncé la semaine dernière qu’il va augmenter la planche à billets de €60 milliards à €80 milliards par moi, ca va faire l’équivalent de €240 par citoyen par mois.

De quoi régler pas mal de problèmes des agriculteurs, asouplir le marché de travail en permettant aux gens de survivre en travaillant à temps partiel etc etc etc.

Léa Salamé n’a pas non plus noté que l’argent crée par la Banque de France sert essentiellement à acheter des obligations de notre gouvernement sur les marchés secondaires, qui, d’après l’Agence France Trésor était essentiellement composé de ces 10 banques commerciales:

Pour l’animation du marché secondaire, le classement des 10 premiers établissements est le suivant :

1 BNP Paribas
2 Société Générale
3 JP Morgan
4 Crédit Agricole
5 Barclays
6 Nomura
7 HSBC
8 Morgan Stanley
9 Citigroup
10 Royal Bank of Scotland

Autrement dit, nos €122 milliards ont été donné directement à ces banques. Il faut arreter cette stupidité!

Rejoignez Monnaie Honnête  et suivez QE4people!

 

Le Mouvement Français pour une Réforme Monétaire est en route!

L’association Monnaie Honnête a été créée en juin 2013 comme version francophone du mouvement « Positive Money » en Royaume-Uni. En effet, l’essentiel des informations sur le site étaient des traductions des textes proposées par Positive Money.

Depuis, Monnaie Honnête s’est contenté de fonctionner comme un endroit de regroupement pour la communauté française.

Il faut accepter que, faut de temps, le nombre de gens s’inscrits était resté modeste – avec une cinquantaine de personnes dispersées à travers toute la territoire française. Difficile dans ces conditions de s’organiser ni même d’avoir des réunions entre membres, vu la distance qui les séparait dans la plupart des cas.

Mais, il semble que tout est en train de changer.

Monnaie Honnête fait partie de l’IMMR – International Movement for Monetary Reform – un regroupement des mouvements dans 24 pays à travers le monde. L’IMMR a été crée par Positive Money en 2013.

Du 17 au 21 février 2016, Positive Money a organisé un stage à Bruxelles qui a regroupé 34 personnes de 18 pays du monde pour développer le projet. Deux membres de Monnaie Honnête ont eu la chance d’y participer – Simon Thorpe (directeur du Centre de Recherche Cerveau et Cognition à Toulouse, et membre fondateur de Monnaie Honnête), et Ariane Tichit qui et Maitre de Conférence en Economie à l’Université de Clermont Ferrand.
Le rencontre fut un grand succès. Elle a permis de tisser des liens entre des gens. Il est clair que dans certains pays comme le Royaume-Uni, la Suisse, l’Islande, le Danemark et les Pays Bas les avancées sont spectaculaires.

En France, beaucoup de gens s’intéressent à ces questions, mais la structuration d’un mouvement au niveau national reste limitée. Monnaie Honnête, association 1901 créée en 2013 et membre de l’IMMR pourrait permettre notre rassemblement. Il est temps de s’organiser pour agir!

Etes vous intéressé pour participer? Si oui, on pourrait organiser un forum de débat (pourquoi ne pas l’ouvrir tout de suite pour que les gens puissent laisser des idées lorsqu’ils s’inscrivent?). Tout est ouvert à discussion – y compris le nom du mouvement!

Bien évidemment, nous pourrions choisir de poursuivre sous le nom de Monnaie Honnête. Mais d’autres noms pourraient être plus efficaces. L’objectif principal est de fédérer les forces en France.

Le Parlement néerlandais ouvre le débat sur la création monétaire

Suite au succès d’une initiative citoyenne qui a collecté plus de 100.000 signatures, le parlement néerlandais a organisé une audience sur le thème de la création monétaire.

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Suite au succès d’une initiative citoyenne qui a collecté plus de 100.000 signatures, le parlement néerlandais a organisé une audience sur le thème de la création monétaire.

Il y a environ 9 mois, le mouvement néerlandais Ons Geld (Notre argent), équivalent de Monnaie Honnête en Hollande, a lancé une pétition pour un débat sur la création de monnaie en Janvier 2015. Suite à l’énorme succès en une si courte période, la pétition avait été soumise au président du comité pour les initiatives citoyennes au sein du Parlement néerlandais le 21 Avril 2015.

Conformément à la procédure parlementaire, une audience sur la création monétaire a eu lieu au Parlement avec le Comité des finances le 14 Octobre dernier, avec la participation de 4 des fondateurs de Ons Geld, un représentant de la banque ING basée à Amsterdam et la DNB (la banque centrale «indépendante» néerlandaise) ainsi que de l’AFM (Autorité des marchés financiers).

L’audience a commencé avec un discours d’introduction par les organisateurs de l’initiative citoyenne pour résumer leur proposition. Ons Geld était représenté par Edgar Wortmann et Van Houts qui ont brillamment décrit le système bancaire en vigueur qui accorde un privilège aux banques de créer de l’argent et que l’initiative vise à établir une « séparation claire entre l’argent et le crédit. »

« L’argent est quelque chose que le gouvernement devrait créer et mettre à la disposition. Le crédit appartient au marché », a déclaré Wortmann. Enfin Luuk de Waal Malefijt a souligné trois grands obstacles à surmonter dans le débat sur la création monétaire, à savoir l’analphabétisme de la population en matière monétaire, les carences dans l’enseignement de l’économie et les conflits d’intérêts.

OnsGeld a reçu un tonnerre d’applaudissements en réponse à leurs discours d’ouverture. Ce fut la première fois que le public de la Chambre basse avaient applaudi les orateurs, ces ovations ont d’ailleurs été supprimées sur la vidéo en ligne.

La parole a ensuite été donnée à 8 membres du Parlement néerlandais des différents groupes politiques qui ont eu l’occasion de poser des questions aux représentants du mouvement. Répondant à une question sur le processus pour parvenir à une réforme monétaire, Martijn Jeroen van der Linden a défini cinq étapes:

1. Créer un nouveau type de licence bancaire permettant aux gens de réellement déposer de l’argent sans risque
2. Expérimenter les monnaies virtuelles, tout en restant dans le cadre juridique de l’UE
3. Convertir toutes les dépots en monnaie électronique
4. Remboursement de la dette nationale avec l’argent nouvellement créé
5. Redistribuer l’argent créé et non utilisé pour la remboursement de la dette sous la forme d’un dividende citoyen

La troisième partie de l’audience a été consacrée à un échange de vues entre l’initiative et les ‘parties intéressées’ : La banque multinationale basée à Amsterdam ING, DNB (banque centrale néerlandaise) et l’AFM (Autorité des marchés financiers).

Première M. Polmanand (AFM) a souligné tous les efforts déployés par l’Autorité financière néerlandaise pour réduire les abus et les risques dans le secteur du crédit, mais ne fit pas de commentaires sur la réforme proposée, bien qu’il était d’accord avec OnsGeld sur la nécessité d’expérimenter avec les monnaies virtuelles avant que des acteurs privés proposent leur propre alternative.

Dirk Bezemer, professeur à l’Université de Groningen qui a décrit l’argent souverain comme « une solution des années 1930 pour les problèmes des Pays-Bas en 2015 » en faisant valoir que le système actuel pourrait être surveillé et géré d’une meilleure façon.

Klaas van Egmond, professeur de sciences de l’environnement et de la durabilité à l’Université d’Utrecht, a ensuite présenté les principales conclusions du papier de l’économiste du FMI Michael Kumhof « The Chicago plan Revisited ». Puis Van Egmond a fait valoir qu’un système monétaire dans lequel tout l’argent serait créé ex nihilo par le gouvernement et où les banques et les autres prêteurs prêteraient seulement de l’argent déjà existant, permettrait de simplifier le travail des pouvoirs financiers, en rendant presque obsolète la nécessité d’une supervision financière.

Ensuite, ING économiste Teunis Brosens a fait trois critiques de l’initiative. La première – assez confuse – était que la création d’argent est un sous-produit du crédit, et donc le vrai problème est le crédit, « qui est une épée à double tranchant ». Deuxièmement, de nombreuses réformes en matière de crédit sont en cours, nous devons donc leur donner une chance avant de les critiquer. Et troisièmement, la concentration des pouvoirs de création d’argent dans une institution publique va attirer beaucoup de pressions sur elle, ce qui compromet son indépendance.

Enfin, Jan Marc Berk de la banque centrale néerlandaise a fait un discours plutôt défensif, détournant la conversation en faisant valoir que les banques ont aussi leur rôle à jouer dans la société et si elles remplissent correctement ce rôle, elles sont en mesure d’amortir les chocs au cours des cycles économiques, et en insistant sur le fait que la création de monnaie est une réponse à une demande de crédit. Enfin, le banquier central a rappelé au public, que la dépendance des Pays-Bas à l’égard de son commerce extérieur et de l’Union européenne est un obstacle possible à la poursuite de la réforme monétaire.

Puis a suivi une discussion entre tous les participants permettant aux députés de poser d’autres questions. Une des questions cruciales était sur la nature de l’argent: l’argent est il nécessairement de la dette? Cette question a suscité un débat intéressant entre les promoteurs de l’initiative et le professeur Bezemer.

Voici l’enregistrement des débats avec des sous titres en anglais (un transcript en anglais est également disponible ici):